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En avril, notre cœur bat pour : Petit Bocal


Le mois d’avril a donné aux scribtonautes envie de thèmes plus légers. Ecailles d’argent a inspiré des textes variés et de bons moments de lecture. Les votes ont mis à l’honneur le court récit proposé par Myra Syphania intitulé Petit Bocal. Je vous propose de le (re) découvrir avant d’en apprendre davantage sur sa création.

Petit bocal de Myra Syphania

“ T’as vu comment il est trop mignon ? “ “ 'tain j’ai oublié mes clopes ! ” “ Merde ! Quoi un contrôle ? ” Les autres rient, parlent et hurlent. Moi dans ma bulle, je me garde loin de tout ça, loin de cette connerie qui s’infiltre parfois dans mes poumons et qui m’étouffe sans que je ne puisse rien y faire. Avec moi, le meilleur des remèdes. Un livre. Un livre tout abîmé, traîné de sac en sac depuis que mes yeux se sont posés pour la première fois sur une page blanche pleine de symboles étranges. Au début, je ne comprenais pas l’intérêt que l’on pouvait y trouver. Après tout ce n’est que du papier et de l’encre. Pas de quoi fouetter un chat. Ensuite, j’ai compris qu’il contenait un monde, un univers constant qui ne changeait jamais et pourtant me réservait sans cesse de nouvelles aventures. Maintenant, sans lui, je suis perdue, impossible de survivre à une heure, je crois que c’est ça que l’on appelle l’amour. Sur la première page j’ai écrit “ je t’aime ” un jour, et “ je déteste tout ce qui me sépare de toi ” sur une autre. Lorsque j’ouvre mon livre, je me perds dans son histoire lentement il m’absorbe puis me possède. Très vite ma bulle devient bocal, puis l’eau arrive et me submerge. D’abord bleue et limpide, puis sombre et mystérieuse. Au fond des eaux se trouve un monde peuplé de monstres étranges, parfois cruels, d’autres fois tendres. Il y a une créature, plus massive que les autres, que l’on appelle le serpentaire, comme le treizième signe du zodiaque il est sauvage et secret. Toutefois il n’est pas d’ombre, bien au contraire, il est lumineux, éblouissant. Je l’adore et rêve de passer ma vie dans son antre, tout près de lui à caresser son armure d’écailles. Mais toujours la cloche sonne. Avec regret, j’embrasse une dernière fois mon ami des profondeurs, avec regret, je vois et sens l’eau s’évaporer, avec regret, le bocal redevient bulle. Lentement le livre se referme, une écaille d’argent en marque-page.


Comment est venue l’idée de ce texte ? J’ai été inspirée à la fois par l’image que j’avais choisi pour mon avatar du moment, mais aussi par le sujet et par l’envie de mettre en valeur le serpentaire. Il y a aussi un petit côté autobiographique : « : D je suis souvent à m'isoler des autres en lisant dans un coin, en particulier le matin quand je suis pas réveillée » Il n’y a pas de titre dans ce récit et chacun peut y retrouver ses lectures préférées. Avais-tu un titre précis en tête en décrivant ce moment de retrouvailles ? J'avais plusieurs livres en tête comme Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, La Triste Histoire du Petit Enfant Huître et Autres Histoires", de Tim Burton. J’ai aussi pensé à d’autres livres, très différents mais qui ont en commun de me faire voyager : "Le Magicien d'oz" et "Abzalon de Pierre Bordage. Le texte construit une jolie métaphore de la lecture comme une eau dans laquelle l’esprit se plonge. Dans quelles couleurs aimes-tu baigner tes lecteurs ? Les scribtos qui connaissent les textes de Myra savent qu’ils n'ont pas la réputation d'être joyeux. Elle pense donc à une couleur, plutôt noire et grisâtre avec un éclat mystique. « Même si j'essaie d'y mettre des touches de couleurs rouge et bleue » ajoute-t-elle malicieusement ? Et dans Petit Bocal on trouve une ambiance pleine de lumière, et de reflets, rappelée par la petite écaille d’argent. L’imagination des participants à l’AT mensuel n’a négligé aucune créature du dragon au Léviathan en passant par la sirène et la tortue… Et pour toi dis-nous, de quel animal vient la petite écaille marque-page ? « Des poissons que je pêche avec mon grand-père, donc elle est petite et fragile mais elle garde en elle beaucoup de souvenirs » Est-ce que tu l’as trouvé facile à écrire ce moment de vie ? Pour la fin, c’est la première chose que j’ai eu en tête. Le début a été simple à écrire. Pour le centre du texte, j’ai dû le reprendre plusieurs fois. Mises à part quelques erreurs d’orthographe corrigées, que t’ont apporté les commentaires des scribtonautes ? En les lisant j’ai ressenti « beaucoup de plaisir, parce que c'est rare que j'arrive à mettre presque tous les scribto d'accord sur l'un de mes textes » Ensuite j’ai hésité à accentuer le rapport avec le thème en y faisant référence au début du texte. Mais, après avoir essayé, je trouvais que la chute fonctionnait moins bien alors je suis revenue à la première version

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